La bande de Gaza fait face à une crise sanitaire alarmante, avec une hausse significative des cas d'enfants nés avec des malformations congénitales. Cette situation est exacerbée par les effets dévastateurs de la guerre, la détérioration des conditions de vie, et l'absence de soins médicaux et nutritionnels pour les femmes enceintes.
Impact de la guerre et de la famine sur les femmes enceintes
Un rapport de l'agence "Reuters" souligne que la guerre a directement affecté les femmes enceintes à Gaza, qui subissent des déplacements forcés, une malnutrition, et accouchent dans des conditions dangereuses, tout en faisant face à des pénuries alimentaires et des restrictions sur l'accès aux éléments nutritionnels essentiels.
Hôpitaux débordés et manque de ressources
Des experts signalent que les hôpitaux de Gaza manquent des ressources nécessaires pour surveiller et diagnostiquer les malformations congénitales, en raison de la surpopulation, du manque d'équipement médical, et de l'absence d'examens de routine pendant la grossesse.
Ahmed Al-Fara, directeur du département pédiatrique et obstétrical au complexe médical Nasser à Khan Younis, a confirmé une augmentation des cas de malformations congénitales dans diverses régions de Gaza, en particulier dans le centre et le sud.
Avortements spontanés dus à un manque de détection précoce
Al-Fara a expliqué que le principal défi réside dans l'incapacité à détecter les malformations au début de la grossesse, entraînant de nombreux avortements spontanés dus à des anomalies, souvent découverts trop tard à l'hôpital.
Il a également noté que l'absence de tests fondamentaux, tels que ceux pour l'acide folique et d'autres vitamines essentielles, complique l'identification des causes des malformations.
Carence en acide folique, un facteur clé des malformations
Al-Fara a indiqué que la carence en suppléments nutritionnels, en particulier l'acide folique et les acides gras essentiels, est l'une des principales causes des malformations congénitales. Cela a conduit à une augmentation des cas de malformations du système nerveux central et des malformations du tube neural, responsables de la formation du cerveau et de la moelle épinière.
Il a noté que ces cas ont doublé par rapport à la période précédant le conflit, en raison de la malnutrition aiguë chez les femmes enceintes.
Pollution et radiations augmentent les risques
Al-Fara a averti que les polluants issus des bombardements et des destructions, ainsi que des matériaux toxiques ou radioactifs, contribuent à l'augmentation des malformations congénitales. L'absence d'appareils de mesure radiologique à Gaza rend difficile l'évaluation de la pollution.
Naissances avec malformations mortelles et attente de traitements
Il a mentionné des cas d'enfants nés avec des malformations mortelles, ne survivant que quelques jours ou semaines, ainsi que d'autres nécessitant des interventions chirurgicales urgentes qui ne sont pas disponibles à Gaza, telles que les chirurgies cardiaques et neurologiques.
Les malformations courantes incluent la fente labiale, l'ouverture du palais, et des malformations cardiaques complexes.
Environ 1000 enfants en attente de transfert pour traitement
Al-Fara a révélé qu'environ 1000 cas d'enfants souffrant de maladies cardiaques congénitales sont en attente de transfert pour traitement hors de Gaza, un chiffre sans précédent par rapport à la période précédant la guerre.
Pollution de l'eau aggravant la crise sanitaire
Il a confirmé que la pollution environnementale, en particulier celle des eaux souterraines, contribue à la détérioration de la situation sanitaire, les habitants étant contraints de consommer de l'eau contaminée, ce qui perpétue un cycle de santé précaire.
Capacités médicales presque inexistantes
Al-Fara a souligné que les capacités des hôpitaux de Gaza à traiter les malformations congénitales sont presque inexistantes. Les soins se limitent principalement à l'accouchement et aux soins respiratoires de base, tandis que les interventions chirurgicales complexes sont totalement absentes.
Il a également noté que la fermeture continue des points de passage entraîne la mort de nombreux enfants en attente de traitement à l'extérieur de la bande.